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Les prochaines élections régionales auxquelles nous sommes appelés dans moins de 5 semaines revêtiront une importance nouvelle et particulière au moins à trois égards.

D’abord, et parce que ce sont des élections territoriales, elles concerneront au plus près nos concitoyens à travers le développement économique et l’accompagnement des entreprises, l’emploi, l’apprentissage et la formation professionnelle, l’Université et la Recherche. De même elles toucheront nos déplacements quotidiens avec les TER, les transports routiers, comme certains équipements à vocation touristique et culturelle…

C’est d’abord sur ces sujets que les prochains élus régionaux devront se pencher, choisir et arbitrer entre les attentes des métropoles, des villes moyennes, des communautés et communes rurales, car on l’ignore trop souvent : entre l’Etat impécunieux et les départements de plus en plus chargés par les dépenses sociales, les Régions sont désormais en première ligne pour ne pas laisser à l’abandon les territoires les plus fragiles.

En second lieu, les élections régionales auront fatalement une dimension politique nationale, d’autant plus forte qu’elles se dérouleront sur les 2/3 du territoire dans un cadre géographique élargi et quelque peu bouleversé.

Si, en effet, nous avons pu sauver et maintenir les Pays de Loire (qui étaient menacés de démembrement), hormis la Bretagne, le Centre, PACA, la Corse et, curieusement,  l’Ile de France, les autres régions ont vu leur périmètre considérablement agrandi, à l’image de l’Aquitaine-Poitou-Charente-Limousin, Rhône-Alpes-Auvergne ou Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes…

Cela aura au moins deux conséquences : l’éloignement des élus risque fort d’accroitre le poids des « étiquettes » politiques au détriment de l’ancrage territorial des candidats ; la gestion des Régions et leur relation aux départements sera certainement plus lourde et plus compliquée.

Troisième aspect au moins aussi important : les Régions ont hérité de la gestion des fonds territoriaux européens. Ce ne sera pas leur moindre responsabilité que d’entretenir avec les services de Bruxelles des relations étroites et  confiantes qui conditionneront le bon usage de ces fonds.

C’est l’occasion, là aussi, de le rappeler : l’avenir de notre pays et de nos territoires est également européen. Ne craignons pas de le réaffirmer.

 

                                                                                                                              Michel Piron

Député du Maine-et-Loire

co-président de l’Institut

site de Michel Piron


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Les deux faces d’une même exigence

 

Nancy – 18 Novembre 2015. Le temps est doux. Rendez-vous est donné au Lycée Henri Poincaré qui organise un forum d’orientation Métiers et Grandes Ecoles. Une intervention est programmée devant des élèves de classes préparatoires sur les métiers de l’Engagement. Côté rue, sur le muret qui borde le lycée, plusieurs tags qui scandent le même message : « Génération Bataclan » !

Dans la préparation de cette conférence, j’ai choisi délibérément de sensibiliser ce panel de jeunes au fait que leur futur parcours professionnel sera d’autant plus réussi qu’ils auront été capables de concilier leurs « envies » (leurs like au sens Facebook), à une activité à laquelle ils donneront du sens.

Comment conduire des jeunes gens de 18 ans à découvrir qu’un métier ne se limite pas seulement à un « job » ? qu’une orientation n’est pas par défaut ou par mimétisme social ? qu’un emploi ne se réduit pas à une fonction alimentaire ? Que l’on peut s’y épanouir et y développer du sens autant que dans sa vie privée, celle des loisirs et/ou familiale ?

Défi 1 : décloisonner les blocages public/privé. Lorsque sont évoqués les métiers de la sphère publique, mon auditoire — comme les générations précédentes — pense « fonction publique », « administration », « concours ». Il faut alors les conduire à changer de perspective. Qui participe à la décision publique ? Comment fonctionne notre société ? Le vivre-ensemble est-il seulement l’affaire des agents publics ? Le service public a t-il pour seul opérateur les fonctionnaires ? En quoi une entreprise participe t-elle à la société ? Comment le secteur associatif devient–il un des opérateurs engagés dans le vivre-ensemble ?

Alors que nos mœurs n’ont jamais été aussi pluriels, nos mobilités aussi ouvertes, le monde si présent à portée d’objets connectés, l’organisation sociale continue d’être perçue de façon très binaire entre institutions publiques et secteur privé. D’un côté les fonctionnaires, de l’autre le monde économique. Deux mondes étanches. Le premier qui instruit des procédures. Le second qui fait du business.

Défi 2 : participer à reconstruire de nouveaux marqueurs. Souvent, dans le cadre de mes activités d’enseignement, je constate que bien que l’instruction civique soit inscrite aux programmes, la jeunesse patine « à faire société » car elle ne sait pas comment « faire société ». Ce sentiment est d’autant plus dérangeant que dans l’espace de la vie des loisirs (au demeurant souvent dénommée la « vraie vie » !), les jeunes fonctionnent souvent en communautés d’affinités pour les plaisirs, les lieux de vie). L’arsenal virtuel les y aide. En revanche, ils ne savent pas comment faire pour « vivre ensemble » au-delà du périmètre de la famille et des amis.

Manifestement, il ne suffit pas d’évoquer de manière permanente au collège ou au lycée la laïcité ou les principes républicains pour considérer qu’ainsi la mécanique complexe qui conduit à une vie en société harmonieuse, suffirait.

Suggestion et proposition

Comment fonctionnent les services publics ? En quoi une entreprise a t-elle une responsabilité sociale ? Comment le secteur non marchand remplit-il des missions de service public ? Qu’est-ce qu’une politique publique ? Comment s’élabore la loi ? Qui intervient dans le processus décisionnel ?

Autant de questions dont les réponses devraient être enseignées dans le parcours de tout jeune ?

A titre d’exemple, alors que l’on est capable en 48 heures de diffuser à des enseignants des supports pédagogiques pour échanger avec les élèves sur les tragiques évènements récents, pourquoi ne pas avoir le même réflexe pédagogique dans le cadre de sujets citoyens comme la modification de la carte régionale. Dommage ! Une occasion manquée de les aider à « faire société ».

Toute génération a besoin de sens. Ceci nécessite sans doute de prendre de la hauteur (et non du recul !). Les adultes et particulièrement les responsables aux commandes doivent donner à comprendre les interdépendances qui lient les acteurs de la société. C’est aussi donner aux futurs décideurs — dont certains de mon public — la possibilité de s’engager dans un voie professionnelle en comprenant le sens de leur investissement personnel et de mesurer ce qu’il apporteront demain à la société.

Au final, ils veulent être utiles. Montrons comment ils peuvent l’être, quelle que soit l’orientation qui sera la leur. Redonnons de « l’épaisseur » à l’engagement professionnel. Aidons-les à se lancer en société ! C’est aussi une question de bonne gouvernance nationale.

 

Laurence Lemouzy

 


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